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A l'heure de Rio + 20, où en est le développement durable ?

A l'heure du Rio + 20, les institutions internationales à l'initiative de la Conférence, les Etats et les groupes de pression industriels, altermondialistes ou environnementalistes vont tenter de donner une nouvelle impulsion au Développement Durable. Le bilan de vingt ans de diffusion et d'expérimentations pratiques est difficile à établir, mais les grands chiffres de l'économie mondiale tendent à dire que le développement durable n'a pas réussi à faire changer significativement les logiques de production et de financiarisation dominantes. Les intentions du Développement Durable en 1992 semblaient utopiques et pourtant le monde entier en parle et tente , aujourd'hui de les pratiquer. Partant de rien dans les années 90, les promoteurs et militants du DD ont réussi, vingt ans après, à créer une conscience, un background technique et un foisonnement théorique qui ont ouvert la pensée écologique, économique et philosophique. Autant de conditions à un changement ...

Nouvelles politiques de codéveloppement entre pays à très haut PIB (riches et émergents) et pays "en développement" (pauvres).

Avec la crise financière dans les pays riches, les spéculations sur les matières premières et les sols, le renchérissement des énergies fossiles et la pression géopolitique chinoise d'un nouveau style, le monde a radicalement changé depuis cinq ans. Des opportunités s’ouvrent pour les pays africains subsahariens de jouer une carte économique nouvelle, qui passera par une meilleure gestion des rentes, une domestication d’une part des activités exportées, un renforcement des sécurités alimentaire et énergétique, une protection des marchés intérieurs de chocs induits par la volatilité des prix internationaux. Les pays africains peuvent envisager de financer et de penser leur développement avec plus d’autonomie pour ne pas tomber dans les mêmes travers qui piègent aujourd’hui les pays les plus développés. Mais le manque relatif de moyens va demander de suivre des modèles économiques et sociaux en rupture de ceux des pays riches en crises et des pays émergents qui les approvisi...

Idées : La "Green Economy" peut-elle être une transition vers une économie soutenable et responsable, de la prospérité pour tous.

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La perspective d'une "green economy" (économie et croissance vertes) mobilise de plus en plus de gouvernements qui pourtant ne prenaient pas le développement durable pleinement au sérieux. La "croissance verte" est définie comme la part des activités de production de biens et services dans la croissance classique (de la production ou PIB), qui ménagent, voire améliorent les conditions environnementales (voir par exemple "activités, emplois et métiers liés à la croissance verte : périmètres et résultats" Etudes et Documents, CGDD, n°43, juin 2011).  Les analyses actuelles sont pragmatiques et classent les activités vertes (et les métiers et emplois) selon qu'elles ont un effet "positif" (protecteur, réparateur, compensateur, modérateur...) direct, indirect ou induit sur l'environnement. Ces définitions permettent de placer un champ très large d'activités dont les "effets positifs" sont généralement discutab...

La Responsabilité Sociétale comme condition pour la mise en oeuvre d'une Economie Soutenable

Le Développement Durable ou Soutenable de première génération souffre de plusieurs maux. Tout d'abord, il n'existe pas de théorie du Développement Durable/Soutenable dans le sens où le concept est devenu un "lieu commun" et n'est pas servi par des "paradigmes scientifiques" clairement exprimés. Par exemple, la théorie écologique, scientifique et épistémologique, pourtant en fort renouvellement dans les années 2000 (New Ecology de Jorgensen & al.) ne parvient pas à définir la place de l'Homme dans les écosystèmes, autrement que par des métaphores ou des aménagements sur ce que l'on sait des autres animaux : "superprédateur", anthroposphère et anthropocène, métabolisme industriel... Ainsi la théorie écologique de la "soutenablité" des activités humaines n'existe pas encore. Autre exemple, l'économie ne parvient pas à proposer un modèle alternatif cohérent au "capitalisme dominé par des corporations financières,...

Ce que les termes de Développement Durable, d’Environnement, d’Ecologie et de Responsabilité Sociétale recouvrent.

Développement Durable : A la fin des années 70, le monde abritait près de 3 milliards et demi d'habitants (contre 6 et demi aujourd'hui) et il était possible d'estimer les taux de croissance mondiaux des matières consommées et de la production industrielle. L’explosion démographique humaine se confirmait ainsi que les menaces environnementales liées à un siècle et demi d’industrie. La notion de "progrès" accompagnait l'euphorie de la croissance de l'économie et de la découverte de réserves substantielles de pétrole, de charbon et de gaz (le pic de découverte de pétrole est estimé dans le début des années 70 et n'a cessé de décliner depuis). Malgré les recommandations très justes du Club de Rome en 1973 (Meadows & al. 1973), il a fallu les crises pétrolières de 1973 et de 1986, mais aussi un début de constat de l'ampleur des pollutions dans le monde et de leurs impacts (pesticides, couche d'ozone), ainsi que quelques accidents industriel...